le nord : le plus beau, le plus sauvage, mais aussi le plus... dangereux
Il se dit que celui qui a réussi les 4 premières étapes a de fortes chances de réussir le GR20. Sauf que. Une fois dans le circuit, on est prisonnier, on est condamné à continuer, la 1ère route traversée se situe dans la 6ème étape. Autant dire que les plus dangereuses sont passées.
le premier jour, ça débute fort :1400m de dénivelé positif contre 60m de négatif ! Une longue, longue montée. Et pour compléter ça, le baptême des grandes pierres plates que l'on montait assurés par une chaîne. Par temps sec, ça paraissait inutile, par temps humide, beaucoup moins, surtout qu'une chute se terminait, au mieux, quelques 20m plus bas. Ce type de sol, on l'a rencontré plusieurs fois et pas necessairement sécurisé !
Les photos donneront une idée de ce que l'on a franchi, mais, au vu de nos compétences photographiques et de la qualité des appareils photos, bon à tout mais aussi à rien, la réalité était beaucoup plus "hard"! Malgré tout, ces passages là, étaient, pour moi,sympas. Michèle, très prudente au début, a progressivement fait confiance au grip des chaussures et s'est enhardie. Il fallait juste éviter les endroits moussus.
Le cirque de la solitude : le summum de ce périple s'est déroulé le 4ème jour. Pour le passage du célèbre "cirque de la solitude". Le moment de solitude tu l'as déjà quand tu vois, après une très, très longue montée d'un pic, où tu dois aller. Je pense que arrivés seuls.. Je ne sais pas où on serait allé, mais pas là où on aurait dû ! Heureusement plusieurs personnes étaient dans ce couloir et on a pû se faire une idée des difficultés et surtout de voir que les autres y allaient. Alors....
Allez, on est partis : quand on regarde d'en haut on voit d'abord un grand vide qui n'a l'air de ne jamais s'arrêter. La paroi est quasi verticale. Puis sur le côté un chemin, non, pas un chemin, disons un endroit où tu peux poser 1 pied et une chaîne à hauteur de la taille d'homme qui court le long de la paroi. Tu t'agrippes à ça, tu ne regardes pas en dessous et t'avances. Un moment plus flippant encore, c'est que la paroi fait un coude et que tu ne vois pas derrière tant que tu n'est pas passé. La descente compte une centaine de mètres ensuite on est sur le flan de la montagne mais moins pentu où on peut décompresser.
On est descendu, ben y faut remonter maintenant !!! Pour changer de versant. Il faut d'abord monter à l'aide d'une échelle, puis toujours des chaînes pour le vertical, puis plus de chaînes, mais c'est toujours quasi vertical. Là tu regardes que devant toi et tu cherches les balises qui te conduiront vers le haut et la sortie.
Autant dire qu'il n'y a pas beaucoup de photos, t'es bien occupé comme ça. On avait pris la précaution de mettre dans nos sacs à dos des bouteilles d'eau qu'on avait dans notre petit sac ventral très pratique. C'était histoire qu'elles ne s'accrochent pas à la paroi ou ne tombe en blessant quelqu'un en dessous. Arrivés en haut, cela à été une grande délivrance ponctuée par un grand rire.
Pour mon cas, c'est vrai que là tu as fait le plein d'adrénaline, t'as surmonté des peurs sans y penser, t'as fait des gestes inédits, mais c'est la nuit que le cerveau, en décodant tout ce binz, te fais faire des rêves où tu te vois tomber. Mais c'était seulement en rêve !
Et après : une étape signalée comme très technique, difficile nous faisait peur. C'était la 7ème. On a beaucoup hésité, on a même pensé prendre en cours un autre circuit pour l'éviter et revenir sur ce GR et puis à la dernière minute on a décidé de la faire quand même.
On en a bavé mais pas là où en le pensait. Dès le départ il a fallu gravir un flan de montagne, 500m de dénivelé, à l'ombre, avec un vent glacial. A mi-chemin on a mis tout nos vêtements sur nous. Vu ce que l'on avait, c'était pas difficile. Ensuite un truc sympa, mais semble t-il où il fallait faire très attention : un chemin en "balcon" et une descente d'une cheminée aidée d'une chaîne. Avec le vécu qu'on possédait on y a pas prêté attention et on est passé comme une lettre à la poste.
Non, le problème pour nous, c'était plus tard. Un champ de rochers à traverser. Un truc hyper énergivore. Au bout 1h30mn, je me retourne, on avait fait 500m à vol d'oiseau. Gros coup de déprime, pause ravitaillement et on est repartis. Quelques minutes plus tard un panneau nous indiquait le haut de ce pic et la fin de nos gros efforts. Ouf !!!
Les chemins de crêtes, on en a pratiqué plusieurs. Ce sont des sentiers caillouteux, rocheux qui vont d'un pic à l'autre. Ils sont quelquefois en "balcon" ou cheminent à flanc de montagne. Mais il y en a eu un de particulier. Large de 50cm, il était véritablement au sommet de la crête. Ce qui fait qu'en marchant on voyait les 2 vallées en même temps. Un numéro d'équilibriste. Génial !
Altitude mini et max: de Calenzana à Vivazzona, nous avons crapahuté entre 1400m et 2200m en passant dans la même journée à ces 2 extrémes. Les pics que l'on voit sur les photos sont déjà pris à ces altitudes.